Bonjour à tous !
Je m'appelle Charly, j'ai 11ans et je vis dans le département des Landes dans un petit village.
Je vis avec ma mère et mes deux soeurs, Zoé qui a 6ans et Elaura âgée de 2ans surnommée "boïte à bruits " pour les intimes. Mes parents sont séparés depuis ma petite enfance et mon père
vit à Nice.
J'ai deux signes particuliers : une petite excroissance cartilagineuse sur mon oreille droite (lol) mais si je suis ici c'est surtout parce que je suis ce que l'on appelle un enfant
dyspraxique.
J'ai créé ce blog parce que je voulais informer un maximum de monde sur ce qu'est la dyspraxie.
Un peu de théorie....La
dyspraxie est un
trouble des "praxies" (ce sont les gestes automatiques). Il s'agit donc d'un dysfonctionnement moteur qui a des
répercussions sur tous les aspects des gestes quotidiens. Pour vous expliquer plus simplement, prenons l'exemple du vélo. Lorsque l'on pédale on coordonne sans réfléchir ses jambes et ses mains
pour guider le vélo...l'esprit ainsi débarassé de cet automatisme, on peut se concentrer sur l'apprentissage. Un enfant dyspraxique lui, n'a pas cette coordination automatique et doit y penser en
permanence pour ne pas chuter et se maintenir en équilibre sur le vélo. Il en va de même pour l'écriture, le repérage dans l'espace etc.
Ce trouble a bouleversé ma vie quand on l'a découvert. Après des années et des années de galère, une hospitalisation dans un hopîtal de Bordeaux pendant un mois et une série de bilans médicaux,
psychologiques etc ont permis de poser un diagnostic.
La dyspraxie étant un trouble peu connu, il existe à ce jour peu de moyen.
Quand ce trouble a été diagnostiqué, avec ma maîtresse de CM2 et ma mère, nous avons mis en place une organisation de travail qui m'a rendu la vie scolaire plus supportable.
Ma maîtresse de l'époque a fait intervenir une personne, Mme Barthélémy, qui a joué et joue encore un rôle très important auprès de moi. Cette personne, enseignante de formation, travaille au sein
du Collège où je vais et son rôle est de s'occuper des enfants handicapés qui sont scolarisés.
A mon entrée en CM2, Mme Barthélémy, les enseignantes qui s'occupaient de moi, ma mère et moi-même avons commencé à élaborer ce que l'on appelle un PPS (Projet Personnalisé de
Scolarisation). Tout au long de cette année de CM2, nous nous sommes rencontrés régulièrement afin de faire un état des lieux de mes difficultés, de leur nature et des moyens à mettre en place pour
m'aider.
Ensuite mon dossier a été soumis à la MLDPH (Maison Landaise Des Personnes Handicapées) qui a officiellement reconnu mon handicap.
Ceci fût quelque chose de très important pour la continuité de ma scolarisation. Cette reconnaissance m'a aussi beaucoup soulagé et m'a permis de me déculpabiliser face à tout ce que je n'arrivais
pas à faire seul.
Grâce à cette reconnaissance nous avons pu demander l'intervention d'une auxiliaire de vie scolaire.
C'était déjà une belle avancée mais il faut savoir que le fait d'avoir l'accord pour l'intervention de cette auxiliaire de vie scolaire (AVS) ne garantit pas qu'un poste soit disponible. En effet,
ce sont des emplois précaires et l'offre est très inférieur à la demande.
Je sais que j'ai eu beaucoup de chance qu'une personne puisse être en poste auprès de moi à la rentrée 2007.
Il faut savoir que j'ai aussi la chance de vivre dans un département très performant en matière d'intégration des enfants handicapés à l'école.
Je dois dire aussi que j'ai de la chance d'avoir une mère qui exerce la profession de Déléguée à la Tutelle. Elle s'occupe des personnes placées sous mesure de protection par le juge des tutelles.
Elle est de formation Assistante Sociale. De ce fait, elle connaissait bien tous les mécanismes médico-sociaux.
Ma mère a toujours été là pour moi et chaque jour nous faisons équipe tous les deux pour mener ce combat contre la dyspraxie.
Une demande de matériel (ordinateur portable, dictaphone, clé usb et pavé numérique) est actuellement en cours auprès de la MLDPH et devrait aboutir positivement après les vacances de la
Toussaint.
Cet ordinateur me permettra de prendre les cours avec plus de rapidité. Mais avant, il va falloir que j'apprenne à m'en servir. C'est pourquoi je vais devoir faire plusieurs séances chez un
ergothérapeute.
Un rendez-vous de plus dans ma semaine déjà bien chargée....mais un rendez-vous nécessaire.
Mais revenons au déroulement des événements chronologique.
A la fin de mon CM2, la question s'est posée concernant mon orientation. Soit je refaisais un CM2 ce qui me rassurait parce que j'avais conscience de mes difficultés, soit je passais au collège, en
6ème, avec l'aide humaine et matériel nécessaires pour réussir.
Suite aux tests nationaux d'entrée en 6ème, faits en CM2, les résultats m'ont convaincu que je pouvais passer en 6ème.
Mais j'ai traversé des moments de doutes, d'angoisses et de craintes avant cette échéance du jour de la rentrée au collège.
Il faut dire aussi que des difficultés relationelles avec mon père m'ont fait douté de moi et ne m'ont pas facilité la vie.
Mon père ne voulait signer ni le passage en 6ème ni le PPS. Mais ça c'est une autre histoire, un autre chapître de ma vie que je vous raconterais ultérieurement.
Et le jour J est arrivé...
J'étais affolé, même si j'étais convaincu de mes capacités.
Mon professeur principal (professeur de mathématique) a appelé sa classe. Nous nous sommes retrouvés dans la salle n°39 du collège et il nous a expliqué le fonctionnement et l'organisation
géographique du collège.
J'ai profité de cette occasion pour parler à ma classe de ma dyspraxie. Je craignais qu'après avoir parlé de cela, je serais rejeté.
Mon professeur principal a pris l'initiative d'informer les autres professeurs.
Mes camarades étaient surpris et au lieu de me rejeter, ils m'ont rassuré.
Aujourd'hui, je me sens encore comme un visiteur du collège mais pas un élève à part entière...Je ne sais pas pourquoi je me sens comme cela.
Mon AVS est avec moi le lundi et le jeudi toute la journée. Elle me soulage beaucoup. Elle note les cours pour moi ce qui me permet de me concentrer pleinement sur ce que disent les professeurs.
Elle note les devoirs dans le cahier de texte, fait les différentes photocopies nécessaires et réorganise mes cahiers.
Quand elle n'est pas là, certaines tâches sont effectuées par mes professeurs.
Bientôt un mois que la rentrée a démarrée. Mes peurs se sont dissipées concernant le travail scolaire.
J'ai eu 20/20 en Français à ma récitation, 6/10 et 8/10 en Anglais.
Si cela peut paraître banal, pour moi c'est un évenement très important car depuis toujours je me sentais en échec scolaire.
C'est pour moi un début très encourageant.
Je pense qu'il n'y a pas d'enfants handicapés, mais seulement des enfants différents.
Certes ma dyspraxie m'handicape dans certains aspects de ma vie et notamment ma scolarité mais avec les moyens humains et matériels venant pallier à ma déficience, je peux comme n'importe quel
enfant, moi aussi, réussir.
Bien sûr, il faut que je travaille beaucoup tous les jours.
Bon, pour ce soir, je vais vous quitter,
j'ai beaucoup parlé,
c'est ma tatie qui a tapé pour moi
et maintenant elle a mal aux doigts
Vous voyez j'ai appris en Français à faire des vers lol lol lol